SANS TITRE

Numéro d'inventaire : 2010.03.02

Auteur : ASGARALLY Sabina

Date de création : 1992

Domaine : Peinture

Matière technique :

Mesures :

Description : Ses toiles aux teints sombres font la part belle aux formes humaines enchevêtrées ou repliées sur elles-mêmes, qui paraissent parfois subir la contrainte d’une puissance extérieure. Ses nus sont des hommes et des femmes sans en être vraiment. Ils sont imaginaires, hybrides, mélange de sentiments et de sensualité. Ils sont nus par souci de toucher à l’essentiel. « C’est traiter le corps qui m’intéresse affirme-t-elle. Le corps nu. Je ne me l’explique pas. C’est ce que je ressens J’adore les peintres comme Michel Ange ou Rubens, toujours par rapport au corps. Ils m’influencent beaucoup dans ce que je fais (1) ». Certains jugeront érotique son travail ; mais ce n’est pas là sa démarche, ni l’objet de son travail.Elle ne travaille jamais avec un modèle et assume le fait que les proportions ne soient pas toujours respectées. Les positions qu’elle impose à ses sujets sont, en effet, parfois anatomiquement impossibles.« Je ne passe aucun message. J’ai toujours peint selon ce que je ressens, selon les périodes que je traverse ». Sa démarche est complètement personnelle ; chacun ensuite voit ce qu’il veut y voir. « Mes sujets sur mes toiles, c’est moi. Pas la peine de mettre un visage sur les personnages, l’émotion conduit ma main. J’ai du mal à expliquer cela ». Ce qui est exprimé dans ses peintures vient du plus profond de l’être. « Je n’ai pas une vision particulière de ce que sera ma toile en final... Peu importe ! (2) ». Peinture miroir de ses angoisses, de son obsession des corps. « Ce que je fais n’est pas très gai car je peins quand je ne vais pas bien. Et à travers ce que je peins, c’est moi que je représente ». Quand l’enfer c’est soi-même, l’artiste peint le mal être, la souffrance de l’individu. Une femme prisonnière dans son propre corps et dont les tentatives pour s’échapper de cette autre qui s’agite et vit en elles sont vaines. Du petit format, et de la gouache, elle passe à une autre dimension et au pastel gras, les traits s’estompent et les couleurs aussi. Ses corps se métamorphosent prenant plus de rondeurs, plus de volume qui « deviennent un but avec la même source d’inspiration: moi ».Outre la peinture, la plasticienne maîtrise le volume. Si elle sculpte, ce sont des corps bien sûr. Des corps qui souffrent.Auteur inconny(1) Dans l’imaginaire d’un film bien réel, in Quotidien, 10/08/95.(2) La délivrance de Sabina, in JIR, 18/09/93.

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