SWIMMING-POOL SERIES

Numéro d'inventaire : 2016.01.14
Auteur : CLAIN Didier
Date de création : 2008
Domaine : Vidéo
Matière technique : Vidéo format DV, QuickTime, Tablette
Mesures :
Durée en mm : 0m36
Description analytique : La série de six vidéos est présentée dans une salle sombre et les films sont diffusés sur des tablettes numériques. Le silence est seulement interrompu par le son des pas de danse de la «Danza ma cabra, 201 0» où l'artiste crée une musique en rythmant ses pas de danse sur un plancher. Ces films sont de courte durée, 2 ou 3 minutes, réalisés en noir et blanc, en plan fixe avec un grain brûlé un peu comme celui des vidéo de surveillance, les décors ordinaires réalisés dans une volonté très marquée par une absence complète de narration. Sans début et sans fin, ils se présentent comme des tableaux photographiques avec parfois le léger frémissement d'un palmier, le reflet d'une maison dans l'eau de sa piscine qui ondule à peine. Toutes ces images ont quelque chose de perturbant, d'inquiétant. Il ne se passe rien, le temps est suspendu. La vidéo du cycliste joyeux qui parcourt la ville donne l'impression que c'est le paysage qui défile derrière lui par la fixité des plans-séquences. Le caractère contemplatif de ces films met en évidence des temporalités dérangeantes. La vidéo est pour l'artiste une machine à explorer le temps. « L'inattendu est le nectar des dieux » dirait Mark Lewis dont le travail vidéographique est fait de silence et de sobriété dont il tire toute sa puissance. Didier Clain, lui, filme un bord de la piscine seulement animé par la présence d'un moineau venu explorer les lieux. L'oiseau s'en va, sort du champ ... Il revient ! Une joie inexplicable! La singularité de ces vidéos réside dans cet écoulement du temps dont la diffusion en boucle accentue le sentiment d'intense étrangeté. Ces œuvres vidéographiques interrogent le temps et la perception. La pensée et le regard sont au cœur de cette recherche artistique en vidéo que Philippe Dubois, spécialiste de l'image, qualifie dans son ouvrage consacré à la vidéo d'un « état d'image -une forme qui pense » (6). Photo et vidéo sont ici intimement liées et le glissement de l'un à l'autre se fait naturellement chez Didier Clain. (...) Caroline de Fondaumière Historienne de l'Art Extrait du catalogue « Secteur(s) réciproque(s) », 2016 (6) Philippe Dubois. La question vidéo. Entre cinéma et art contemporain. Yellow Now - Côté cinéma. 2011

Exposition :
Référence : Secteur(s) réciproque(s) Artothèque de La Réunion 29/10/2016 15/03/2017
Date de début : 2016-10-29T05:39:55.000000Z
Date de fin : 2017-03-15T05:39:55.000000Z
Description : Cette exposition présente le travail de l’artiste plasticien Didier CLAIN qui est une adaptation à l’Artothèque d’une présentation qui a été faite à l’Antenne parisienne du Conseil Départemental en mars de cette année. Didier CLAIN, pourtant natif de La Réunion, expose pour la première fois dans son île natale. Artiste plasticien, nous nous sommes rencontrés alors qu’il était encore étudiant et déjà sa recherche dans une photographie imprégnée de cinématographie me paraissait prometteuse. On retrouve, d’ailleurs, encore aujourd’hui le côté inquiétant et dérangeant du cinéma de David Lynch. Didier a beaucoup voyagé, il a étudié et exposé en France et aux Etats Unis. Cette exposition qui parle de territoires, d’espaces, de lieux différents et pourtant équivalents ; d’Aller/Retour en quelque sorte, souligne aussi ce goût des longues traversées maritimes ; reprenant en sens inverse, l’exemple de ses ancêtres hollandais qui déjà au 17è siècle bravaient les océans pour venir accoster sur l’île de La Réunion. Des Aller/retour, des voyages, des espaces, des mouvements : c’est son histoire. Une histoire personnelle qu’il mêle à sa recherche esthétique. Sous des formes variées, cette exposition, mêle l’art et la vie ; dans ce que Harald Szeemann commissaire de la Documenta V à Kassel en 1972 avait qualifié de « Mythologies individuelles ». Le tout avec une grande palette de créateur puisque Didier Clain passe, sans aucune difficulté, d’un médium à l’autre : dessin, photographie, installation, vidéographie ; œuvre éphémère ou « in situ » comme cette installation créée spécialement pour s’adapter à nos salles d’exposition. Avec « Secteurs réciproques » se croisent donc autobiographie et fiction, métaphores et utopies mais garde pour trame l’artiste lui-même dans une histoire réappropriée et détournée avec poésie. Caroline de Fondaumière, historienne de l'Art


Mots clés :
PISCINE - PALMIER - VENT - ARBRE -